L’organisation d’une abbaye

dimanche 16 juin 2013
par  Mr VARIN Eric
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L’ABBAYE, UNE MICRO-SOCIETE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès le départ, l’abbaye se voulait être un lieu hors du temps (hors du siècle), et hors du Monde, une frontière entre le monde visible et invisible, le profane et le sacré. N’oublions pas, qu’à l’origine, les moines souhaitèrent imiter les « Pères du désert » reclus dans un désert, afin d’y trouver la voie de la sainteté – Le cloître exprime parfaitement cet isolement du monde –.

 

 

 

Une organisation nécessaire.

 

 

 

Néanmoins, comme tous rassemblements, chaque abbaye devait, pour pouvoir répondre à ses aspirations spirituelles mais aussi à ses besoins matériels, se doter d’une organisation, et d’une discipline de vie. Si la Règle bénédictine s’ést imposée à travers les siècles, les coutumes de chaque établissement jouaient également un rôle non négligeable (voire prépondérants), dans cette nécessaire organisation.

 

 

 

UNE COMMUNAUTE DIVERSE

 

 

 

Certains principes sont néanmoins communs à la quasi-totalité des monastères, qui abritaient des moines de chœur, les profès, qui avaient prononcé les vœux solennels de pauvreté, chasteté et obéissance, et des laïcs, au premier rang desquels on trouvait les convers (du latin conversus, converti). Ces convers, qui ne prêtaient que le vœu d’obéissance (bien souvent, ils n’avaient pas les capacités pour devenir moine), accomplissaient principalement les tâches, que le moine ne pouvait accomplir (Travaux pénibles dans les champs, rapport avec le monde extérieur,...). A partir du XIIème siècle, leur rôle devint de plus en plus important, en relation avec l’accroissement des domaines, que devaient gérer et travailler l’abbaye. Ces convers, sans pouvoir devenir moine de chœur, étaient néanmoins des religieux à part entière, à la différence des oblats (du latin oblatus, offert).

 

 

 

Une hiérarchie nécessaire.

 

 

 

Clercs et laïcs peuplaient donc le monastère, contraignant ce dernier à régenter plusieurs « modes de vie ». On n’attendait pas la même piété d’un moine, que d’un oblat. En outre, même parmi les clercs, il existait de nombreuses différences de traitements et de devoirs. Ainsi, le novice n’était-il astreint qu’à l’expérience de sa foi et de son caractère, alors que les doyens devaient, outre les tâches incombant à chaque moine, guider les grandes décisions du monastère.

 

 

 

La nécessité de réguler la vie communautaire…..

 

 

 

Quelle que soit sa dimension (vaste abbaye ou simple prieuré), un monastère reste une société réduite, aux composantes diverses et variées, qu’il convient d’organiser et de régenter, tâches à laquelle se sont attelés les premiers moines.

 

Dès le VI ème siècle, la Règle de Saint Benoit ébauche cette hiérarchie nécessaire en définissant les attributions et responsabilités de l’abbé, du prieur, du cellérier et du maître des novices.

 

Suffisante au départ, cette hiérarchie sera complétée par de nombreux autres officiers, au cours des siècles suivants (surveillant, aumônier, hôtelier,….). Même si les titres diffèrent d’un ordre à l’autre, parfois d’une abbaye à l’autre, il reste constant, que ce souci d’organisation n’a pour but que d’aider le religieux à suivre, selon ses vœux, la voie de la perfection.

 

…et l’encadrement du quotidien.

 

 

 

Cette organisation prévoit quotidiennement (ou d’une manière plus espacée) le rassemblement de l’ensemble des moines, durant lequel on lira, entre autres, un chapitre (capitulum) de la règle, l’Evangile du jour, mais aussi durant lequel seront abordées toutes les questions matérielles relatives à la vie quotidienne du monastère. Dans cette salle capitulaire (de capitulum), tous n’ont pas « voix au chapitre » (Les convers sont, par exemple, privés du droit de vote). Car, les décisions importantes, mais aussi l’élection de l’abbé, sont soumises au vote de l’ensemble des moines. C’est dans ce processus, que certains historiens ont cru observer l’origine de la démocratie dans les abbayes.Si tel n’est vraisemblablement pas le cas, cette organisation très structurée et hiérarchisée a bel et bien servi d’exemple et de modèle aux Seigneurs du Moyen Age pour administrer leur seigneurie, mais aussi à la royauté pour organiser son royaume.

 

 

 

L’abbaye, un employeur essentiel.

 

 

 

L’abbaye avait besoin de patriciens, dont le savoir-faire était étranger, ou inconnu, aux religieux : vitriers, tisserands, potiers, tonneliers,…, mais aussi de médecins et de chirurgiens, ainsi que d’officiers, chargés de faire appliquer leurs droits sur le domaine abbatial. (Juges, sénéchaux,….)

 

Ces professionnels ne vivaient que grâce aux commandes de l’abbaye, dont ils se rapprochaient en se regroupant près du monastère, formant ainsi un bourg. Un grand nombre de mendiants, mais aussi de paysans, attendant que l’abbaye fasse appel à eux pour renforcer sa main d’œuvre, donnait encore plus d’importance à ces communautés installées au pied du monastère.

 

 

 

 

 

L’ABBAYE, UNE MICRO-SOCIETE.

 

 

 

 

Dès le départ, l’abbaye se voulait être un lieu hors du temps (hors du siècle), et hors du Monde, une frontière entre le monde visible et invisible, le profane et le sacré. N’oublions pas, qu’à l’origine, les moines souhaitèrent imiter les « Pères du désert » reclus dans un désert, afin d’y trouver la voie de la sainteté – Le cloître exprime parfaitement cet isolement du monde –.

 

Une organisation nécessaire.

 

Néanmoins, comme tous rassemblements, chaque abbaye devait, pour pouvoir répondre à ses aspirations spirituelles mais aussi à ses besoins matériels, se doter d’une organisation, et d’une discipline de vie. Si la Règle bénédictine s’ést imposée à travers les siècles, les coutumes de chaque établissement jouaient également un rôle non négligeable (voire prépondérants), dans cette nécessaire organisation.

 

UNE COMMUNAUTE DIVERSE

 

Certains principes sont néanmoins communs à la quasi-totalité des monastères, qui abritaient des moines de chœur, les profès, qui avaient prononcé les vœux solennels de pauvreté, chasteté et obéissance, et des laïcs, au premier rang desquels on trouvait les convers (du latin conversus, converti). Ces convers, qui ne prêtaient que le vœu d’obéissance (bien souvent, ils n’avaient pas les capacités pour devenir moine), accomplissaient principalement les tâches, que le moine ne pouvait accomplir (Travaux pénibles dans les champs, rapport avec le monde extérieur,...). A partir du XIIème siècle, leur rôle devint de plus en plus important, en relation avec l’accroissement des domaines, que devaient gérer et travailler l’abbaye. Ces convers, sans pouvoir devenir moine de chœur, étaient néanmoins des religieux à part entière, à la différence des oblats (du latin oblatus, offert).

 

Une hiérarchie nécessaire.

 

Clercs et laïcs peuplaient donc le monastère, contraignant ce dernier à régenter plusieurs « modes de vie ». On n’attendait pas la même piété d’un moine, que d’un oblat. En outre, même parmi les clercs, il existait de nombreuses différences de traitements et de devoirs. Ainsi, le novice n’était-il astreint qu’à l’expérience de sa foi et de son caractère, alors que les doyens devaient, outre les tâches incombant à chaque moine, guider les grandes décisions du monastère.

 

La nécessité de réguler la vie communautaire…..

 

Quelle que soit sa dimension (vaste abbaye ou simple prieuré), un monastère reste une société réduite, aux composantes diverses et variées, qu’il convient d’organiser et de régenter, tâches à laquelle se sont attelés les premiers moines.

Dès le VI ème siècle, la Règle de Saint Benoit ébauche cette hiérarchie nécessaire en définissant les attributions et responsabilités de l’abbé, du prieur, du cellérier et du maître des novices.

Suffisante au départ, cette hiérarchie sera complétée par de nombreux autres officiers, au cours des siècles suivants (surveillant, aumônier, hôtelier,….). Même si les titres diffèrent d’un ordre à l’autre, parfois d’une abbaye à l’autre, il reste constant, que ce souci d’organisation n’a pour but que d’aider le religieux à suivre, selon ses vœux, la voie de la perfection.

…et l’encadrement du quotidien.

 

Cette organisation prévoit quotidiennement (ou d’une manière plus espacée) le rassemblement de l’ensemble des moines, durant lequel on lira, entre autres, un chapitre (capitulum) de la règle, l’Evangile du jour, mais aussi durant lequel seront abordées toutes les questions matérielles relatives à la vie quotidienne du monastère. Dans cette salle capitulaire (de capitulum), tous n’ont pas « voix au chapitre » (Les convers sont, par exemple, privés du droit de vote). Car, les décisions importantes, mais aussi l’élection de l’abbé, sont soumises au vote de l’ensemble des moines. C’est dans ce processus, que certains historiens ont cru observer l’origine de la démocratie dans les abbayes.Si tel n’est vraisemblablement pas le cas, cette organisation très structurée et hiérarchisée a bel et bien servi d’exemple et de modèle aux Seigneurs du Moyen Age pour administrer leur seigneurie, mais aussi à la royauté pour organiser son royaume.

 

L’abbaye, un employeur essentiel.

 

L’abbaye avait besoin de patriciens, dont le savoir-faire était étranger, ou inconnu, aux religieux : vitriers, tisserands, potiers, tonneliers,…, mais aussi de médecins et de chirurgiens, ainsi que d’officiers, chargés de faire appliquer leurs droits sur le domaine abbatial. (Juges, sénéchaux,….)

Ces professionnels ne vivaient que grâce aux commandes de l’abbaye, dont ils se rapprochaient en se regroupant près du monastère, formant ainsi un bourg. Un grand nombre de mendiants, mais aussi de paysans, attendant que l’abbaye fasse appel à eux pour renforcer sa main d’œuvre, donnait encore plus d’importance à ces communautés installées au pied du monastère.

 


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mardi 6 décembre 2016

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